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La céramique grecque antique

1. Intérêt de la céramique

Le nom céramique vient du grec kéramikos qui signifie argile, d’où le nom de céramique donné au produit de cet artisanat.
La céramique est un témoignage fondamental pour la compréhension des civilisations anciennes, elle est le fossile directeur de l’archéologue, puisque la céramique nous renseigne sur la vie publique et privée des Grecs (société, croyances, relations commerciales, échanges).
Elle est importante car c’est un matériau qui se conserve extrêmement bien et que l’on peut dater, sa production étant sujette aux évolutions, stylistiques notamment. La majorité des vases grecs a été trouvé lors de fouilles de maisons privées, de sanctuaires, de nécropoles ou dans des épaves en mer.

2. Chaîne opératoire de la céramique

La céramique est par définition un récipient de terre cuite.

Il existe toute une chaîne opératoire à respecter pour sa fabrication : il faut tout d’abord que l’artisan trouve l’argile qui correspond à son projet de fabrication, car il existe différents types d’argile aux caractéristiques propres. Le vase final résulte donc d’un choix délibéré de l’artisan pour son matériau.

Une fois cet argile trouvé et amené jusqu’à l’atelier du potier, ce dernier doit préparer la pâte. Il mélange l’argile à des dégraissants, qui peuvent être des matières organiques (animales ou végétales) ou minérales (sable, silex, granit). Ces dégraissants sont très importants car ils limitent le retrait de l’eau pendant le séchage.
Ensuite, le potier passe au façonnage de sa poterie par tournage: l’artisan pose une masse d’argile au centre d’un tour de potier et façonne l’objet à l’aide de la rotation.

En Grèce antique, tous les vases grecs sont réalisés au tour de potier. Une fois la pâte modelée à l’aide de cette technique, l’artisan pouvait ajouter un col, un pied ou des anses. L’objet en argile était ensuite mis à sécher quelques jours au soleil ou dans un lieu aéré. Puis, la céramique était assez dure pour être décorée par incisions, dessins ou « peinture » qui était alors une argile plus fine qui changeait de  couleur lors de la cuisson.

Enfin, le potier faisait cuire son objet dans un four à une température moyenne d’environ 800°C. Ce temps de cuisson est variable selon le type d’argile et la couleur que le potier voulait obtenir, car la différence de couleur (ce qui fait cette « peinture ») apparaissait lors de la cuisson selon le temps pendant lequel l’objet était dans le four et le type de cuisson qu’il subissait.

En effet, il existe deux types de cuisson : une cuisson oxydante (riche en oxygène) qui permet d’obtenir les vases à figures noires et une cuisson réductrice (pauvre en oxygène) qui permet l’obtention des vases à figures rouges.
En Grèce antique, il existe essentiellement deux types de céramiques : la technique de la figure noire et la technique de la figure rouge.

3. Explication de figures noires et figures rouges

La technique de la figure noire est la plus ancienne, elle apparait dès le VIIème siècle avant J.-C. à Corinthe. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une céramique à décor foncé (noir) sur le fond clair de l’argile (en Attique, l’argile est de couleur rouge-orangé). On peint les personnages sur le vase avec une solution d’argile pure, qui vire au noir pendant la cuisson oxydante et l’arrière-plan est de la couleur de l’argile du vase, c’est-à-dire rouge. Cette technique est caractérisée par des contours nets et stylisés, par la réalisation d’incisions pour les détails,  et par des rehauts de couleur rouge ou blanche.

La technique de la figure rouge apparait vers 530-520 avant J.-C. en Attique. C’est la technique inverse de la précédente : il s’agit d’une céramique à décor clair(rouge) sur fond foncé (noir). Tout l’arrière-plan est peint avec la solution d’argile pure qui va noircir à la cuisson réductrice, alors que les personnages sont laissés en réserve et garderont donc la couleur rouge du vase. Les détails sont peints sur le vase avant la cuisson à l’aide d’un pinceau fin pour dessiner les motifs à l’argile pure, motifs qui apparaîteront dans les zones réservées. Parfois, certains détails ou retouches sont faits après la cuisson en les incisant dans le vernis. Avec cette technique, les scènes sont plus naturelles et l’artisan utilise plus la retouche fine pour faire son décor, car il a plus de souplesse dans les détails avec le pinceau.

4. Typologie des céramiques

Il existe différentes formes de céramique grecque antique, car elles ont toutes été crées pour remplir une fonction précise.
En effet, certains vases, les plus basiques, sont réservés aux usages quotidiens, d’autres, les plus riches, sont employés à l’occasion de fêtes civiques (banquet, jeux) et en contexte funéraire. Ces différentes utilisations peuvent donc être vues à travers le travail de la céramique plus ou moins grossier et dans le travail plus ou moins soigné du décor.

En Grèce antique, la céramique est une vaisselle essentiellement destinée au service du vin et au soin du corps. Parmi toutes les formes de céramiques grecques, on peut citer quelques exemples les plus abondants dans la vaisselle du vin. Il est à noter que le service du vin comprend des vases réservés à contenir le vin, d’autres, à contenir l’eau, et enfin des vases qui permettent de mélanger ces deux liquides, car le vin grec ne se boit pas pur, il se boit coupé avec de l’eau.

Pour le service du vin:

On retrouve donc l’amphore, qui est une jarre à deux anses et à large col cylindrique avec un couvercle destinée au transport et au stockage de denrée.
Le cratère qui est un récipient à large ouverture, avec deux anses horizontales, dans lequel on mélangeait le vin pur avec l’eau.
L’hydrie qui est une jarre à embouchure ronde, semblable à l’amphore mais avec deux anses horizontales pour la soulever et la soutenir sous la fontaine et une anse verticale pour servir l’eau.
La kylix qui est une coupe large et peu profonde montée sur pied et munie de deux anses horizontales.
L’œnochoé et l’olpè qui sont des cruches destinées à servir le vin.

Pour les soins du corps:

La forme la plus connue est le lécythe, qui a une forme effilée et haute. On retrouve également l’aryballe, qui a la forme d’une bourse avec une base large, resserrée par rapport à la panse.
Il est à noter que les lécythes attiques à fond blanc ont une fonction particulière : ce sont des vases funéraires qui sont déposés sur ou dans les tombes.

La poterie grecque antique par la forme: 1а, 1b – amphore; 2 – hydrie (2a, 2b – standart, 2c – hydrisk, 2d – Koni), 3 – stamnos, 4a, 4b – krossos, 5 – amphores panathénaïque, 6 – œnochoé, 7 – pélikè, 10 – cratère, 11 – karcesion, 12 – canthare, 13 – kylix, 14 – сotyla, 15 – kyathos, 16 – kilox, 17 – rhyton, 18 – askos.
Pour plus d’informations sur la céramique grecque antique :
Henri Metzger, la céramique grecque, collection Que-sais-je n° 588, éditions PUF, 1973
 

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